Épisode Spécial : Quand l’horreur punit les erreurs…

lune-verte-rouge7

Episode Spécial : Mme Thelm

Les n’auteurs Fous, ce sont plusieurs auteurs du Collège de la Lune Verte, qui ont développé et écrit ensemble… un prequel de la série ! Une nouvelle série, une idée brillante, une initiative qui nous ébahit… dont les héros ne sont pas Belen, Damon, Luna & co mais les enseignants du Collège ! L’action de ces Episodes Spéciaux se déroulent pendant les Grandes Catastrophes qui ont dévasté la Terre, une dizaine d’années avant les évènements décrits dans le Collège de la Lune Verte. Ce premier Episode Spécial est consacré à Madame Thelm, professeur de Philosophie Ethico-politique…

mme thelm

QUAND L’HORREUR PUNIT LES ERREURS

20/05/2043

 Mme Thelm avance dans le couloir. Elle attrape le stylo accroché à sa blouse, et note l’heure sur un carnet. 19h56. C’est bientôt le moment idéal pour observer la reproduction des méduses. Elle attend cet événement depuis si longtemps ! C’est une chose unique à laquelle peu de personnes ont la chance d’assister. Elle pénètre dans son bureau et adresse un bref salut à son collègue. Celui-ci a les yeux rivés sur le poste de télévision. Les informations défilent, de plus en plus catastrophiques au fur et à mesure que les jours passent…

« Au sud du Brésil, un jeune guitariste talentueux a été frappé par la foudre en plein milieu d’un concert. Il a été emmené à l’hôpital, avec l’espoir de le soigner, mais ses blessures étaient trop graves. »

Mme Thelm entend la voix du présentateur résonner dans sa tête comme une promesse de malheur :

« Son fils, désormais orphelin, a été placé dans un internat au milieu du Brésil. Il ne veut pas se défaire de la guitare de son père, qu’il a récupéré après sa mort. »

Et sur l’écran, une image s’affiche, une image qui glace Mme Thelm d’effroi : celle d’un enfant de 4 ans, au visage dévasté par le chagrin.

Absorbée par les images à l’écran, Mme Thelm reste à regarder les informations du monde extérieur. Plus les images défilent à l’écran, plus la peur s’empare de chaque cellule de son corps. Ses membres en tremblent presque. Un affreux pressentiment naît dans son cœur.

« Les catastrophes que le monde subit ne sont que temporaires. Nos meilleurs spécialistes peuvent dire aujourd’hui que ces événements sont le fruit de facteurs météorologiques exceptionnels. Il n’y a donc pas lieu de s’affoler

L’image du président de la République, qui venait de parler, s’estompe rapidement. Le présentateur, tout sourire, quitte le plateau du journal sur la musique habituelle.

Mme Thelm ressent ces paroles comme un odieux mensonge, une propagande digne des périodes de guerre. Son collègue appuie sur le bouton off de la télécommande et se lève du fauteuil, sensiblement soulagé.

–            Nous sommes bien idiots de nous inquiéter, dit-il en allant se servir un café.

Mme Thelm ne lui jette pas un regard. Quoi qu’il arrive, elle a l’intime conviction qu’il sera impossible qu’ils en ressortent indemnes…

Désormais seule dans son bureau, elle observe attentivement la plage des Baleineaux qu’elle aperçoit de la fenêtre. D’immenses vagues déferlent sur le banc de sable, ramenant les déchets que les marins ont jetés à la mer, et le vent, d’une violence rare, semble capable de déraciner des arbres. Mais un détail l’étonne plus que tous les autres : dans le ciel, sont visibles des aurores boréales ! Des aurores boréales, en Martinique… Cette idée lui semble totalement absurde. Intriguée, elle saisit sa tablette et ouvre un document sur la météorologie, dans le but de lire un article à ce propos :

« […] En octobre et novembre 2003, une aurore boréale a pu être observée dans le sud de l’Europe. Cependant, les régions les plus concernées par ce phénomène restent le Groenland, la Laponie, L’Alaska, L’Antarctique, le nord du Canada et l’Islande […] »

Ayant compris que le phénomène qui se déroule sous ses yeux n’a jamais existé auparavant en Martinique, Mme Thelm sort hâtivement de son bureau et se précipite jusqu’à la grande baie vitrée tactile du laboratoire. Baie vitrée qui avait été installée pour observer le ciel lors des nuits étoilées ou pour admirer les lents changements de la Lune… C’était en effet le but du laboratoire : trouver une raison à ces différentes couleurs, ces différentes formes, ces différentes tailles qu’arborait la Lune jusqu’alors.

Madame Thelm demande à ses collègues déjà présents (et surtout – encore – en train de boire un café bien chaud) de bien vouloir lui laisser la place. Les méduses attendront, elle a à faire. Elle tend une main précise et rigoureuse sur l’écran de la vitre et clique sur l’option « zoom ». L’horizon semble alors se rapprocher de plus en plus d’elle… les stagiaires sont tous impressionnés ! Enfin, l’image se stabilise et l’aurore boréale est alors bien visible. Il est 20h10 et le ciel est complètement plongé dans les ténèbres. Seuls quelques voiles extrêmement colorés – plus particulièrement verts – ressortent de cette obscurité totale. La scientifique, d’un geste brusque, appuie sur le bouton « prendre en photo » et sélectionne « série de 10, version 3D ou mieux ». Ça y est, elle a ses clichés. Parfait. Un sourire sur les lèvres, elle oublie complètement toutes les tristes nouvelles de la journée.

Alors qu’elle commence à faire demi-tour pour regagner son bureau et se remettre à régler quelques menus détails, l’auréole boréale disparaît d’un coup. Comme ça. Bam. Plus rien. Dehors, il est impossible de distinguer quoi que ce soit. Le noir complet. Le silence. Quand soudain le tonnerre se met à gronder. Il hurle, il vit, il résonne, il fait peur. Les pauvres stagiaires sursautent tous en même temps et la panique gagne certains. Puis, de nouveau, le silence. Une petite dame mince, aux yeux fixes et ténébreux, éclate alors d’un rire sonore :

–            Haha ! Messieurs, reprenez-vous ! Ce n’est qu’un petit éclat de tonnerre ! Il n’y a pas de quoi sauter au plafond. Que faites-vous là si vous n’êtes même pas capables de rester calmes face à un tout petit bruit comme celui-ci ? Que faites-vous là, hein ? Ici, on étudie, on travaille. On recherche des phénomènes nouveaux. On n’a pas peur et on ne tremble pas.

« Ses mots sonnent faux« , pense Madame Thelm. « Ses mots sonnent faux et je suis la seule à m’en apercevoir. »

Les yeux rivés sur l’écran sombre du ciel, elle frissonne. Autour d’elle, les gens respirent et parlent à nouveau. Chacun reprend sa place sans inquiétude. Pourtant, dehors, les ténèbres ont envahi la plage. Ce n’est pas la nuit, non, c’est quelque chose de beaucoup plus dense, un rideau d’encre sans lune et sans étoiles.

Soudain, un gloussement éclate derrière elle. Elle se retourne en un sursaut, à bout de nerfs. Au bout de la salle, deux jeunes stagiaires rangent des dossiers en bavardant gaiement.

Sa gorge se serre. Elle a envie de crier, de hurler au visage de tous ces gens bien tranquilles. Comment peuvent-ils ? Comment peuvent-ils voir ces dérèglements avec insouciance ? Tout est inconnu, ce ciel, ces grondements, ce vent d’ouragan, ces aurores disparues, et pourtant, personne ne semble prendre conscience de la gravité de la situation.

Elle serre les poings et pose son front contre la vitre fraîche.

Elle doit leur parler. À tous. Et prendre des mesures de sécurité avant qu’une catastrophe ne se déclare.

Le souffle soudain haletant, elle fait un pas vers le bureau de la directrice. Hésite. Plonge un instant son regard dans le vide.

C’est à ce moment-là qu’un choc sourd résonne contre la baie vitrée.
Elle sursaute, en même temps que tous les autres. Et l’air se charge de stupeur.

Dehors, des milliers d’éclairs jaillissent du ciel, comme une pluie magnétique. La pluie se met alors à tomber plus fort que jamais, ainsi que le vent à souffler. Des cris de stupeur retentissent dans le laboratoire, devant l’étrange spectacle.

Épouvantée, Mme Thelm recule et se cogne contre la vitre du bassin. À l’intérieur, les méduses sont plus agitées que jamais. Elles secouent leurs tentacules de tous les côtés, et poussent des sortes de gémissements incompréhensibles. Leur « chapeau » remue de haut en bas, comme possédé… Même la lumière bleutée qu’elles dégagent habituellement est devenue verte…

Face à cet effrayant spectacle, Mme Thelm laisse un échapper un cri d’horreur. Non, ce n’est pas possible… Avoir attendu si longtemps pour les voir se reproduire, et maintenant, sans doute à cause de ces aurores boréales, de ces éclairs, tout est gâché !

Mais surtout, ce sont les éclairs qui l’effrayent le plus. Ces courbes scintillantes, irrégulières, suivies de leurs grondements de tonnerre… Jamais un tel phénomène météorologique n’a existé, elle le sait. Et c’est pourquoi elle tremble violemment, accoudée à la barrière accolée au bassin.

Soudain, elle se recule dans un sursaut. La barrière vibre avec force. Toute la pièce tremble. L’orage est plus fort qu’il ne l’a jamais été. Une boule de feu frappe la vitre qui explose en couvrant le sol d’éclats de verre.

Éclats scintillants.

Reflets colorés.

Mme Thelm et les autres chercheurs se précipitent dans le couloir. Mais il est trop tard. Le volcan est entré en éruption. Les flammes envahissent l’île, tandis que les habitants tentent de fuir vers la plage. L’océan aussi est déchaîné. Les habitants sont coincés sur cette île désormais coupée du monde.

Maintenant, plus personne ne rit. Tous courent en direction des sous-sols blindés, là où ils espèrent être en sécurité. Ils sont terrifiés. Ils ne comprennent pas ce qui leur arrive. À travers les vitres du couloir, ils peuvent voir la lave s’écouler le long de la montagne Pelée. Ils voient les habitants des petits villages être engloutis par ce magma brûlant. Ils se demandent si le laboratoire va tenir, ou si, lui aussi, il sera détruit ; si, eux aussi, ils vont mourir.

Mme Thelm s’est arrêtée. Bousculée par ces scientifiques désespérés, son visage paraît impassible. Mais à l’intérieur d’elle, une tempête fait rage. Une tempête contre elle-même et les autres. Contre tous ceux qui auraient pu prévoir cela, s’ils ne s’étaient focalisés que sur leurs recherches, sur leurs découvertes. Ils auraient dû le prévoir. Il y avait eu des signes. Mais ils les ont tout bonnement ignorés, trouvant des excuses, mettant cela sur le compte d’autres phénomènes. Et voilà ce qui est arrivé. Une éruption… Mais d’autres choses encore. Certains pensent peut-être que ce n’est encore qu’un phénomène isolé. Seulement, elle n’a pas oublié les aurores boréales, ni les éclairs dans le ciel noir. Elle sait également que partout dans le monde des catastrophes de ce type ont lieu. Et au fond d’elle, elle a déjà compris ce qui se trame. Elle n’ose encore se l’avouer mais elle sait que la planète va maintenant faire payer aux hommes ce qu’ils lui ont fait.

Au loin, Mme Thelm aperçoit une femme essayant d’échapper aux flammes meurtrières. Mais elle court trop lentement. Les flammes vont trop vite. La course qu’elle mène est perdue d’avance. Les flammes la rattrapent. La femme grimace lorsqu’elle sent pour la première fois le feu lui lécher les pieds. Puis elle hurle. Un hurlement de terreur qui traverse Mme Thelm de la tête aux pieds. Celle-ci ne peut détacher ses yeux de cette femme qui peu à peu se consume. Elle voit la vie la quitter doucement, cruellement. Autour de la femme, des dizaines d’autres personnes vivent la même chose. Mme Thelm, elle, est en sécurité dans ce couloir aux vitres dites incassables. Mais son cœur, lui, n’est plus intact. Il est fendu à jamais. Fendu de n’avoir pu sauver cette femme, et tous les autres. Fendu de n’avoir pu éviter ce désastre.

Résignés, la plupart de ses collègues s’effondrent sur le sol, au milieu d’éclats de verre. Ils attendent, ils savent pertinemment que personne ne viendra les sauver, quand bien même ils tenteraient de lancer un appel au secours – le matériel de communication est désormais hors d’usage. La situation est la même, sur toute la planète : c’est la panique, la débâcle, le contrecoup de toute cette pollution que personne n’a su arrêter. Il est trop tard. Trop tard pour agir, trop tard pour regretter. Il ne reste qu’à attendre que les flammes les emportent et que le vent disperse leurs cendres au milieu de nulle part, sur cette Terre qui ne ressemble plus à rien.

Pourtant d’autres gardent un élan d’espoir, car l’espoir fait vivre, n’est-ce pas ? Les stagiaires courent dans tous les sens. Vite, lancer un appel à la famille restée sur le continent. Vite, transporter des vivres au sous-sol et s’y réfugier en attendant la fin des catastrophes… Auront-elles seulement une fin ?

Mme Thelm hésite. Qui imiter ? Tout cela est ridicule. Elle a le sentiment d’être seule spectatrice des bouleversements d’un monde qu’elle ne reconnaît plus. Autant essayer de restaurer un semblant de normalité, quitte à jouer la comédie jusqu’au bout… Ses pas la mènent au cœur du laboratoire, là où rien n’a encore changé. Mais l’électricité est coupée, et il y fait plus noir que dans les profondeurs maritimes.

Elle n’a pas besoin de lumière. Cet endroit, elle le connaît par cœur. Elle a passé tant d’heures assise ici, à observer la faune maritime dévoiler tous ses secrets devant ses yeux.

Dans le noir complet, Mme Thelm s’approche du poste de contrôle. Elle essaye tous les boutons dans le but de retrouver celui qui allumera le générateur de secours. En vain. Dehors, elle entend le volcan gronder, déverser l’intérieur de ses entrailles sur l’île, mais ici, elle se sent comme apaisée. Plus rien n’a d’importance. Elle a accepté son destin. Sereine, elle s’assoit sur le siège placé devant le poste et ferme les yeux. Elle s’imagine en train de travailler, un stagiaire à ses côtés, sirotant une énième tasse de café.

Un rayon de lumière s’infiltre sous ses paupières. Intriguée, elle ouvre les yeux et assiste au plus beau spectacle qui lui ait été donné de voir. Autour d’elle, l’océan est illuminé, on y voit comme en plein jour. Des milliers de méduses projettent de la lumière dans les fonds sous-marins. Chaque petit animal semble lui adresser un message, comme pour la réconforter. Après être restée plusieurs minutes à s’émerveiller devant ce phénomène naturel extraordinaire, Madame Thelm observe le poste de contrôle et allume le générateur de secours.

Calmée par le soudain retour de la lumière, elle tend la main vers le micro et s’apprête à faire une annonce générale à tout le bâtiment, à leur dire avec les mots les plus sincères les évènements qu’ils vont vivre. Mais non. Elle ne le fera pas. Pourquoi chercher à alerter tous ces scientifiques, qui passent leur temps à boire du café, que s’ils avaient fait ne serait-ce que la moitié du travail qui leur était demandé, ils auraient pu, sinon l’éviter, prévoir la mort de leurs familles ? Pourquoi chercher à les prévenir de ces choses qui arriveront de toutes façons ? Elle a mieux à faire. Les méduses. C’est le grand jour. Et elle refuse de voir son travail réduit à néant, dût-ce être à cause d’une fin du monde.

Elle se tourne vers la baie vitrée avec un petit soupir de soulagement. Elle va enfin y assister. Quoi qu’il lui en coûte. Aujourd’hui sera le plus beau jour de sa vie.

Elle observe encore un instant la curieuse danse des méduses, avec dans les yeux cette étincelle que seuls les passionnés conscients de vivre un instant merveilleux peuvent avoir. Son sourire ne peut se détacher de ses lèvres alors qu’elle ferme ses yeux éblouis par la puissante lumière de la mer. Mais elle sait que c’est maintenant. C’est le moment.

Soudain, elle entend un grand bruit. Quelqu’un crie, tout près d’elle. S’étant retournée, elle aperçoit une femme allongée au sol, tentant péniblement de se relever. Mais ses jambes sont visiblement hors d’usage. Une terreur indescriptible se lit sur son visage.

Mme Thelm hésite. Si elle aide cette femme à entrer, elle lui sauvera sans doute la vie, mais il lui faudrait pour cela ouvrir la porte, et alors qui sait si des gaz dangereux ne pénétreraient pas dans la salle qui la maintient en vie ? Mais elle ne peut pas accepter une nouvelle mort. Elle ne veut pas voir cela une deuxième fois. Elle inspire un grand coup, se retourne et elle ouvre la porte. Elle a peur, mais elle a vu trop de morts devant ses yeux.

La pauvre femme allongée crie, pleure, se débat violemment pour se mettre debout. Elle articule des mots incompréhensibles. Mme Thelm pleure aussi. Toutes les deux, elles unissent leurs sanglots, et rentrent désespérées dans la pièce. Mme Thelm a le bon réflexe de prendre sa trousse de secours. Elle enveloppe de bandages les jambes ensanglantées de la femme, qui s’est évanouie. Des sillons de larmes ont laissé des traces sur ses joues salies par la poussière. Une larme venue des yeux de Mme Thelm se pose sur le visage de la jeune femme. Elle s’essuie les yeux, bien déterminée à ne plus se laisser aller de telle façon. Elle veut être courageuse, pour pouvoir sauver le plus de vies possible. Mme Thelm se relève, chancelle un peu, et se rend compte que la porte est restée ouverte tout ce temps. Et quand elle sent une odeur à la fois écœurante et euphorisante, elle sait qu’elle a commis une énorme erreur. La folie lui monte à la tête, Mme Thelm ne sait plus ce qu’elle fait ici, ni ce qu’elle fait tout court. Un éclair déchire le ciel. Il résonne encore longtemps, comme un rire menaçant et cruel.

Ses idées ne trouvent plus leur chemin, ses pensées s’égarent. Mme Thelm, hébétée, regarde autour d’elle avec de grands yeux ébahis, comme si elle voyait cette pièce pour la première fois. Quelque chose retient son attention. Abandonnant la femme allongée près d’elle, inconsciente, elle s’approche de la baie vitrée. Devant elle, une eau bleutée scintille de mille feux. L’océan rayonne d’éclats verdoyants, fascinant, envoûtant. Le temps semble s’arrêter. Mme Thelm oublie tout, les catastrophes, la femme blessée, les cris et le tonnerre qui retentissent, plus rien ne compte. Elle n’a qu’un désir, et, comme hypnotisée, la scientifique se dirige vers la sortie du laboratoire. Elle marche à pas lents, mais assurés, ignorant les gens affolés qui courent dans tous les sens, en quête d’un endroit où se réfugier. Elle arrive devant la vitre cassée, laissant place à une issue vers l’extérieur. Elle l’enjambe et tente de s’extirper dehors. Une perle de sang roule sur sa joue, griffée par un débris de verre, mais elle ne le remarque pas. Elle s’avance sur la plage et fait face à la mer, imposante. Un air chaud et humide lui fouette le visage…

Mais ça non plus, elle ne le remarque pas. Ses pensées sont fixées sur cette petite silhouette qui se découpe au milieu de la fournaise.

Qui n’est pas touchée par le feu.

Qui ne crie ni ne pleure.

Qui regarde les cieux.

Un ange dans un enfer.

Elle porte son pouce à sa bouche et caresse son lapin en peluche, de la pointe de l’oreille jusqu’au bout de ses pattes de fourrure élimée. Elle a deux couettes un peu défaites, des yeux très légèrement vairons et une fossette sur la joue gauche. Mme Thelm est assez près pour distinguer son sourire de lutin et sa ressemblance avec elle. Elle ne connaît qu’une personne aux yeux vairons, une seule, qui avait décidé de ne pas se faire opérer, qui avait refusé de se plier aux diktats des modes et aux critères de beauté. Une seule.

Sa grande sœur.

Disparue il y a trois ans. Trois ans et deux mois.

La petite fille ne la regarde pas, les yeux fixés sur le ciel. Mme Thelm s’apprête à lever le regard – pour voir elle aussi ! – mais l’enfant se tourne vers elle :

–            Tu es forte, parce que je t’aime. On est toujours fort quand on est aimé. Et il y a toujours quelqu’un pour nous aimer.

Sa voix est voilée, comme toujours, mais distincte et belle. C’est la voix de sa sœur. Sa grande sœur chérie. Et ses mots sont vrais. Essentiels. Mme Thelm le sait, il émane de ces paroles une lumière d’amour intense. Pas cet amour de convenance, pas cet amour teinté d’amertume, pas cet amour qui masque la tristesse. Non. Mais un amour fraternel, sans conditions, malgré le feu et les cris et les pleurs et les coups durs et les manques de patience et les faiblesses et les imperfections.

Mme Thelm savoure ces mots, elle les goûte avec délice, comme un carré de chocolat pour qui n’en a pas mangé depuis longtemps. Elle laisse résonner la voix de sa sœur, qu’elle n’a pas entendue depuis longtemps. Elle mesure l’amour de cet amour sans mesure. Elle s’accroupit et regarde la petite fille dans les yeux. Bleu et vert. Rayonnants. Et l’enfant s’illumine en un rire tendre et enfantin.
Bientôt la lumière devient trop forte. Mme Thelm tourne le regard vers le ciel. Les aurores boréales ont recommencé, leur vert tendre et nuancé se réverbère sur l’eau lisse en face d’elle. Et elle a repris ses esprits. Elle a recouvert la vue et distingue très clairement ses pensées. Elle a fait éclater la couche de crasse et de peur et de brume et de folie qui l’enveloppait. D’un rire, pas le sien, la gangue s’est disloquée.

Mme Thelm est étourdie de tout sentir d’un seul coup, ces odeurs qui l’assaillent, ce silence si plein de bruits, ces découvertes constantes. Elle regarde le monde comme le fait un enfant. Avec émerveillement.
Mais il y a les morts, elle ne les oublie pas. Il y a les blessés, dont elle doit s’occuper. D’un pas ferme, elle fait demi-tour. Retraverse la plage. Se faufile entre les bouts de verre. Rejoint la femme, les yeux mi-clos, la respiration saccadée, les yeux fous.

La nuit tombe, une nuit de cendre et de ténèbres. En elle, il fait plein jour, et un seul son se répercute dans le vide, à l’infini.
Le rire lumineux d’une petite fille.

Mme Thelm s’accroupit aux côtés de la femme toujours évanouie sur le carrelage froid du labo. Elle lui caresse doucement les cheveux, sans savoir pourquoi, sans savoir ce qu’elle fait. Elle se sent prise d’un élan d’amour pour cette femme inconnue, cette blessée parmi mille autres, qu’elle a sauvés. Mme Thelm n’entend même plus les cris au-dehors, ne voit plus les blessés qui se traînent. Pour elle, tout ce qui compte, c’est cette femme sortie de l’enfer, adossée à la vitre de l’aquarium où les méduses s’agitent.

Subitement, la femme ouvre les yeux. Mme Thelm sursaute et plonge son regard dans celui de la blessée.

Un regard vairon.

Un œil bleu, un œil vert.

–            Ce n’est pas…Non…Ce n’est pas possible…balbutie la scientifique.

La femme, immobile, continue à la regarder. De ses yeux différents, elle la regarde sans dire mot.

Et puis l’espoir impossible qui avait un instant traversé Mme Thelm disparaît, et la douleur la reprend. Sa sœur avait l’œil droit bleu, le gauche vert, le contraire de la femme devant elle. Ce n’est qu’un hasard, rien de plus. La scientifique, effondrée, se retourne et se plonge dans la contemplation des méduses rose qui se meuvent gracieusement dans le grand aquarium.

« Comme j’aimerais être parmi elles« , pense Mme Thelm avec désespoir…

Et puis l’éclair la frappe.

Enfin, c’est ce qu’elle croit. Lorsqu’elle rouvre les yeux, fermés par réflexe, par peur, elle découvre à côté d’elle un trou fumant. Des fumerolles montent vers le plafond, le courant est de nouveau coupé. La femme blessée, à terre, gémit, les trais crispés par la douleur et la peur. Les méduses, qui s’étaient écartées un temps de la paroi de verre, se rapprochent de nouveau, glissant dans l’eau dans un ballet étrange. Chancelante, les oreilles sifflantes, Mme Thelm s’appuie contre l’aquarium. Sa fierté. Un vaste bassin qui s’ouvre sur l’océan, où la faune marine peut aller et venir, où la flore est resplendissante, à l’abri de la pollution qui envahit peu à peu le reste de la mer. Et surtout, lieu idéal pour les reproductions. Elle n’avait que ce but en tête lors de sa construction. Ce secret mystique de la reproduction des méduses. Son rêve depuis toute petite. Ces images dans ses livres d’enfants l’avaient tellement marquée. Alors elle voulait faire mentir les constatations récentes. Elle allait leur prouver que la reproduction des méduses peut encore exister, sans élevage dans des éprouvettes, sans croisements scientifiques des gènes, sans l’Homme. Juste en les regardant.

L’idée de son triomphe sur ses confrères qui lui riaient au nez l’enivre, et elle trébuche, se retrouvez nez à chapeau avec une femelle rosée qui s’éloigne rapidement, alertée par le bruit.

Tout en toussotant, elle tente de se relever, vacille soudain, reprend appui sur son pied droit, chancelle de nouveau. Paniquée, elle ne comprend pas, ou refuse de comprendre ce qui lui arrive. Son souffle se fait légèrement plus haletant, infiniment plus effréné. Son regard ignore le trou à moins d’un mètre d’elle, glisse sur les gens qui, déjà, on cessés de crier, comme s’ils avaient dépassé l’ultime degré de la peur, et se pose sur la porte du labo.

Grande ouverte.

Lorsqu’elle comprend, elle tente de pousser un cri, qui reste coincé au fond de sa gorge. N’importe qui aurait paniqué, mais, ce jour là, prise par un étonnant éclair de lucidité, la philosophe se reprend en main, et c’est dans un silence macabre qu’elle rassemble ses esprits.

Un gaz non identifié venant de l’extérieur vient de pénétrer dans le labo depuis plusieurs minutes, peut-être même depuis des heures, et il commence à faire effet sur ses poumons. Le courant est coupé, le volcan poursuit son éruption en éjectant des scories, dont une qui a atterri à moins de trois mètre, formant un trou de vingt centimètres environ, perçant le toit en acier et… Tout en examinant la situation dans ses moindres détails avec une efficacité redoutable, Mme Thelm voit dans sa tête naître un plan, tout en refusant d’y croire tellement il lui paraît fou, impossible, irréalisable. Un sourire éclaire soudain son visage, et dans un ultime effort, elle sort son petit carnet qu’elle ne quitte jamais et s’empare d’un crayon. Elle tousse, une fois, deux fois, et se met à écrire rapidement: «Si on prend en compte la situation géographique, le taux d’humidité dans l’air, le nombre de fois dans le monde ou l’éruption d’un volcan a été suivi d’un orage et le… »

C’est ainsi que le 20 mai 2043, alors qu’un paysage apocalyptique l’entoure et la submerge, alors que des milliers de gens meurent au même instant, certains à moins de 10 mètres d’elle, alors qu’elle même risque de s’éteindre à tout moment dans un crépitement furtif, Mme Thelm fait des mathématiques.

Son but ? Calculer la probabilité de chance qu’un orage magnétique s’abatte sur le laboratoire.

Calculer ses chances de survies.

Au bout de plusieurs heures de travail acharné, Mme Thelm a enfin la solution. Compte tenu de l’oxygène presque inexistant, de l’air gazéifié et du volcan en éruption, ses chances de survie sont égales à 0,34%. Et Mme Thelm sait exactement ce qu’il faut faire…

Elle regarde les méduses. Ses méduses. Elle les aime tant… Elle a tout fait pour elles. Maintenant, elles doivent lui rendre la monnaie de sa pièce.

Le professeur regarde ensuite sa montre… Il lui reste exactement cinq heures et trente quatre minutes avant le moment parfait pour commencer la fusion.

Alors, elle se laisse tomber sur le sol et se souvient.

Elle se souvient des avancées de la science, des découvertes, des inventions menées par des hommes et des femmes passionnés, ces découvertes qui furent progressivement de plus en plus folles, qui formaient un ensemble fragile telle une tour qui s’élevait inexorablement vers les cieux alors que le sol tremblait.

Car le sol tremblait, de famines, de crises politiques, de guerres… Le sol tremblait sous le poids des humains, toujours plus nombreux, toujours plus avides de richesses et producteurs de déchets.

On ne voyait que le sommet de la tour, la flèche toujours en construction qui semblait partie pour crever la voûte céleste, et on en oubliait les malheurs des Hommes et la nécessité de prendre soin de la Terre.

Puis, le climat a commencé à se dérégler. Les espèces ont payé le prix fort de cette insouciance du XXème siècle. On a commencé à vouloir préserver au lieu de créer. Mais c’était trop tard. Trop d’espèces avaient disparues, d’autres ne se reproduisaient qu’à grande peine…

Et, maintenant, c’est la Terre en elle-même qui se révolte contre l’esclavagisme des Hommes. Enfin, c’est l’idée qui se dégage de ces Catastrophes provoquées par un bouleversement des rayons cosmiques solaires. Une tempête de particules venues du fond du système solaire balaye l’atmosphère céleste, perturbant le bouclier magnétique de la planète. Et des orages, violents, grandioses comme celui qui se déchaîne en ce moment ont lieu… des orages préliminaires à un nouveau type d’intempérie, encore mal connu…

A ce point de sa réflexion, elle cherche le ciel à travers l’ouverture de la porte.

Les conditions sont de plus en plus favorables à cet orage magnétique.

Elle voit passer les nuages, des nuages d’un gris vert, de la même couleur que ses propres yeux. Lorsqu’elle était petite sa sœur disait que ses yeux reflétaient le ciel. Mme Thelm répondait que ceux de sa sœur reflétaient la vie. Oh, ciel, où était-elle donc, sa sœur ? Sa sœur si chère, qui avait choisi la même voie qu’elle, la biologie, et qui un jour s’était envolée pour le Pacifique, envolée pour voir les oiseaux et qui était partie avec eux…Où était-elle, que faisait-elle ?

Une larme coule le long de sa joue. Elle se penche légèrement pour vérifier la respiration saccadée de la jeune femme aux yeux vairons. Cela fait longtemps que son esprit scientifique ne croit plus aux coïncidences.

Sa protégée respire encore, difficilement, mais son cœur se bat toujours pour empêcher la mort de s’emparer du corps. Prise d’un élan de gratitude, Mme Thelm se demande si, malgré ces catastrophes à la chaîne, quelqu’un conserve l’espoir.

Que tout redevienne comme avant.
De voir à nouveau fleurir des sourires sur les visages des enfants.
De pouvoir rire en toute liberté, sans regrets cachés, sans tristesse, sans souvenirs déchirants.
D’Être, vraiment.

Bien-sûr, chaque vie a son lot d’horreur, mais ce qui arrive en ce moment contredis toutes les lois naturelles. Qui sait si les terriens survivront aux cataclysmes? Les humains payent, c’est sûr, mais est-ce réellement juste?
Il lui reste tellement d’envies à concrétiser, pourquoi tout devrait finir maintenant?

Après cette réflexion, la scientifique prend sa décision. Tant que la vie existera, tant que la flamme subsistera, elle ne reculera pas.

Alors elle tombe, tête la première dans le bassin. Elle tombe et dans sa tête ne résonne que le rire la petite fille aux yeux couleur de vie. Les paupières fermées, elle tombe dans l’eau, au milieu des méduses et dans ce saut, semble résonner tout son désespoir, toutes ses peurs et ses angoisses. Elle saute pour les oublier, elle saute pour vivre et raconter plus tard ce qu’il s’est passé.

Éclairs de lumière.

Et puis le mal. Un mal profond et encré en elle, un mal qui la dévore et la fait dériver dans l’eau froide.
Dernier cri, et puis le noir.

Tic…
Tac…
Tic…
Tac…

Mme Thelm se réveille en sursaut.

Un rêve…
Juste un rêve…

Un rêve plein de cauchemar et de terreur…

Un rêve de sa fusion prochaine…

Elle se relève lentement et consulte sa montre en quartz, aux aiguilles qui ne restent jamais immobiles.

Tic…
Tac…
Tic…
Tac…

A chaque seconde, successivement, elles produisent un petit tic, suivit d’un léger tac, sans jamais se lasser de cet éternel refrain, sans couplets ni reprises… Juste le temps, qui passe, déroulant un tapis de bonheur, de joie, d’amour, mais aussi de crainte, de peur et de souffrance…

De vie…

Un gémissement à peine audible arrache le professeur à ses profondes pensées. Elle se retourne et regarde la jeune femme qui repose à ses pieds, le visage tordu par la douleur. Mme Thelm se précipite à son chevet et éponge rapidement le front de sa protégée.
Celle-ci commence à haleter et son rythme cardiaque augmente dangereusement. Elle tousse puis crache un liquide que la scientifique reconnaît bien…
Mme Thelm la penche sur le côté pour éviter qu’elle ne s’étouffe avec son sang, d’un rouge éclatant et mortel.

La jeune femme souffle bruyamment puis entrouvre les yeux. Elle fixe Mme Thelm penchée au dessus d’elle avant de retomber dans les bras du professeur. Son corps se contracte une dernière fois avant de se relâcher pour toujours.
Ses yeux vairons demeurent ouverts et Mme Thelm sait que des souvenirs enfouis au plus profond d’elle-même sont en train de rejaillir.

Elle ferme les paupières d’un corps inerte, les larmes aux yeux avec pour seule consolation, quelques mots qui se répètent en elle comme une horloge produisant ses tics et ses tacs : « Aller toujours vers l’avant… »

Mme Thelm se lève. Elle déambule lentement dans la pièce. “Aller vers l’avant…” Elle sort et se dirige vers le bâtiment principal. La grande salle est vide, mise à part les ordinateurs et les papiers qui traînent. Ses collègues scientifiques n’ont pas survécu. C’est certain. Elle est la seule survivante. La seule… Pourquoi elle ? Elle n’a rien de spécial, comparé aux autres. Pourquoi ?

Une voix la sort de ses sombres pensées. Elle s’approche du son, le cœur battant. C’est la radio ! Le monde ne l’a pas oubliée ! Des larmes de joie coulent sur ses joues. Elle se penche pour écouter. Les nouvelles sont mauvaises, mais la voix humaine qui parvient à ses oreilles la réconforte.

« La ville de New York est détruite. Les tremblements de terre l’ont dévastée comme beaucoup d’autres grandes cités et régions. Il y a des survivants et les secours sont encore à leur recherche sous les ruines, mais malheureusement il y a eu aussi des milliers de morts et c’est pour ces défunts que nous allons vous demander une minute de silence… Une minute qui leur est destinée. »


Malgré le silence, la voix du présentateur radio résonne encore aux oreilles de Mme Thelm, telle une fatalité…
New York, détruite ? Elle a du mal à croire que cette ville qui semblait sans sommeil puisse être en ruine… Mais après tout et elle l’a toujours su, la nature est plus forte que les humains et à présent, elle se venge du mal qu’on lui a fait subir.



Essayant d’ignorer les tic-tacs permanents de sa montre, Mme Thelm ferme les yeux. 
Le silence l’envahit peu à peu, l’aidant à se calmer…



Tout se mélange dans sa tête, tel un tourbillon de pensées et de sentiments. Elle n’arrive plus à savoir précisément ce qu’il y a en elle…



Elle ressent une impression bizarre… Une émotion qu’elle a du mal à exprimer…
Elle est triste, certes : pour les gens qui se sont battus essayant de faire cesser les catastrophes et de préserver la nature, pour sa sœur, pour la fille aux yeux vairons…



Mais malgré cette tristesse, elle sent bizarrement un sentiment de bien-être monter en elle et prendre le dessus.
Serait-ce de la joie ? 
Alors, doucement sans qu’elle ait le temps de réaliser ce qu’il se passe, un sourire se dessine sur ses lèvres, détendant son visage crispé.



Mais, en ouvrant les yeux, elle l’efface presque tout de suite, honteuse. Comment peut-elle être joyeuse à un moment pareil ?



Pourtant, malgré cette prise de conscience, une nouvelle envie de sourire s’empare de son corps.



Car, malgré sa tristesse, elle ne peut pas nier sa joie d’avoir survécu à cette horrible catastrophe, même si elle ne comprend toujours pas pourquoi elle est encore vivante.
Mais, elle ne veut pas être heureuse, car elle trouve que c’est égoïste de sa part de l’être, alors que le monde est anéanti… 
Mais sa sœur, n’aurait-elle pas voulu son bonheur ?



A cette pensée elle laisse s’étendre sur ses traits crispé un petit sourire, timide…
Un petit sourire, exprimant sa joie de vivre…
Un petit sourire destiné à tous les morts de cette catastrophe…

C’est l’heure maintenant. Mme Thelm s’avance vers le bassin tandis que le tonnerre gronde encore…


Avec la participation, dans l’ordre, de : Tic-Tac-Toe, Myr, de Diablo91, de Bokalieee, de Titelilou, de La Chameauteure, de Lisonnette, de Pau!, d’Aqua, de Lutiboule, d’Elle, du Saule Pleureur, de Blondinette, de Safran, de Violette, de Aile 2, de Boud’choux, de My name is Nobody, de Aile 1, de  »… », Plume Azerty, d’Arriety, de Leeko, de herbe folle et de Papergirl !

Ainsi que Libellule et Louvelo qui n’ont pas pu participer alors qu’elles étaient inscrites.

Publicités

11 réflexions au sujet de « Épisode Spécial : Quand l’horreur punit les erreurs… »

  1. Bravo a tous et a toutes le texte est splendide
    c’est génial de faire un texte tous ensemble en plus vous avez très bien copérer.
    On penserait qu’une seule personne a écrit le texte!!Le texte est tous de meme un peu long mais très approfondis ,il y a des détails impressionant!!

    J'aime

  2. Ouaaaaaa!!!C’est trop beau!!!Je pourrait jamais faire des trucs aussi bien moi!Bravo à Tic-Tac-Toe, Myr, Diablo91,Bokalieee, Titelilou, La Chameauteure, Lisonnette, Pau!,Aqua, Lutiboule,Elle,Saule Pleureur, Blondinette, Safran,Violette,Aile 2,Boud’choux, My name is Nobody,Aile 1, »… », Plume Azerty,Arriety, Leeko, herbe folle et Papergirl!!!!!!! 😉

    J'aime

  3. Bravo pour ce texte à mille plumes ! Et même si l’écriture y est parfois un peu hasardeuse, de savoir que tant d’auteurs y sont derrière comble largement ce creux ! :mrgreen:

    J'aime

  4. Enfin, Emmanuel a de justesse évité de se faire enfermer dans uns cave humide et sombre, pour nous permettre de lire le texte des n’auteurs fous, youpiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!!!!!!!!!!! (ce commentaire est aussi valable pur le Retour du Roi)

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s