Recette (à base de radis) pour écrire un bon texte

Article mis à jour régulièrement

Tu as envie de t’améliorer dans le domaine de l’écriture mais tu ne sais pas par quoi commencer ? Tu as envie de partager ton expérience et ta façon d’écrire ? Cet article est fait pour toi !

Voici quelques conseils pour vous améliorer, tirés de notre propre expérience en tant qu’écrivaines en herbe et membres du Jury. Si vous voyez quelque chose à ajouter, n’hésitez pas à le dire en commentaire : on complètera cet article avec vos idées !

Attention : nous proposons beaucoup de conseils, et vous pourrez vous sentir noyé-es sous la masse. N’essayez pas de tout retenir et de tout appliquer immédiatement, vous risqueriez de perdre le plaisir d’écrire à trop vouloir faire comme-ci ou comme ça et de vous embrouiller plus qu’autre chose. Voyez quels points vous pourriez améliorer en fonction des commentaires que vous avez reçus sur vos textes : les avis des un-es et des autres sont précieux pour comprendre ce qui ne va pas, ce qui a gêné à la lecture.

Vous pouvez aussi revenir jeter un œil à cet article avant de nous envoyer votre texte, lorsque vous êtes en train de le retravailler 😉

Attention bis : ce sont des conseils à titre indicatif. Chaque texte est un cas particulier, et peut être de très bonne qualité tout en allant à rebours de certains points évoqués plus bas. Le secret, c’est de savoir ce qu’on fait, savoir quelles intentions on met derrière son texte, bref, de maîtriser son écriture et ses idées. Et cela vient avec le temps et l’entraînement 🙂

Mais passons aux choses sérieuses !

Un petit sommaire pour s’y retrouver :

L’orthographe / la grammaire / la conjugaison

La mise en forme

Le contenu du texte

Le vocabulaire à utiliser et celui à éviter

Attention aux périphrases maladroites

Le rythme

Les dialogues (mise en forme)

Comment améliorer le naturel des dialogues ?

Le choix du titre

Attention aux clichés et autres déjà-vus

Pour continuer à progresser

Un dernier conseil pour la route

*

L’orthographe / la grammaire / la conjugaison

Pourquoi s’en soucier ? On ne va pas se mentir, les textes avec trop de fautes passent rarement en Sélection. La raison en est toute simple : s’il y a trop de fautes, nos yeux butent dessus, notre lecture est moins fluide, ça peut rapidement nous fatiguer, nous énerver (même si, on vous rassure, on essaye d’être patientes et attentionnées ! 🙂 ). Ce sont autant de choses qui nous donnent un a priori négatif sur le texte – et à l’inverse, un texte impeccable va nous mettre dans de bonnes dispositions. Si par hasard on hésite entre les Coulisses et la Sélection, votre texte risque de se retrouver en Coulisses à cause des fautes d’orthographe et autres erreurs d’inattention. C’est bête, quand même, non ?

Comment s’améliorer ? Rassurez-vous, la correction de la langue est sans doute ce qu’il y a de plus simple à améliorer lorsqu’on écrit. De nombreux moyens s’offrent à vous : faire soi-même plusieurs relectures attentives (pour chasser les erreurs d’inattention), se faire relire par des proches (parce qu’il y a toujours des petites choses qui nous échappent), et tout simplement utiliser le correcteur de votre logiciel de traitement de texte (Word, Open Office, Libre Office… tous ceux-là en proposent ! Attention quand même, ils ne sont pas infaillibles). Il existe également de très bons correcteurs en ligne, comme Antidote, mais ils peuvent être payants. N’hésitez pas, aussi, à rouvrir le Bescherelle ou simplement à faire un petit tour sur Internet quand vous avez un doute sur la conjugaison d’un verbe, par exemple 😉

À éviter tout particulièrement : le style sms (on n’a encore jamais reçu de textes rédigés ainsi mais on le redoute), les fautes d’accord (parce qu’on estime que tout le monde est capable d’écrire les jolis chats sans oublier les s) et la ponctuation inexistante (votre texte devient illisible).

La mise en forme

Pensez à aérer vos textes. Un gros pavé sans aucun retour à la ligne fait toujours très peur (si si) et ne donne pas envie de vous lire. Pas besoin toutefois de vous embêter avec les alinéas – sauf si vous en avez envie, mais peu d’entre vous en utilisent ^^. Si l’interligne est assez large entre les paragraphes, il n’y a pas de problème.

Le contenu du texte

Autrement dit, les idées, l’intrigue. Préférez bien développer une même idée plutôt que de les multiplier : ce sera plus intéressant pour le lecteur et vous éviterez l’effet liste de course. Faites en sorte qu’il y ait une unité d’action dans ce que vous racontez. Si, en une seule journée, Élie a le temps d’aller en cours, puis à la mer, de faire la sieste, d’aller se promener en forêt, de cuisiner des lasagnes, d’aller à la fête de Zetador pour un concert, de passer trois heures à discuter avec Damon sur l’Exinternet et de regarder les étoiles avec Paloma, c’est qu’il y a un problème. Même la moitié de cette liste serait trop pour un seul texte ! C’est déjà largement suffisant de décrire un cours ou une promenade sur l’Alpharillo. Si vous fourmillez d’idées, écrivez plusieurs textes (mais privilégiez toujours la qualité à la quantité).

Le vocabulaire à utiliser et celui à éviter

À éviter de toute urgence : le vocabulaire grossier / trop familier, et, à l’inverse, le vocabulaire trop soutenu avec plein de mots savants partout (on ne parvient pas à vous suivre et votre texte peut paraître pompeux). Sauf si c’est une caractéristique de votre personnage ou si la situation le justifie, bien sûr !

À éviter si possible : les mots bateau comme « joli ». Exemple : Mlle Péthinia regardait un joli paysage. Pourquoi éviter ça ? Parce que ça ne veut pas dire grand-chose. Parce que votre lecteur ne connaît pas forcément les goûts de Mlle Péthinia ou ceux du narrateur. Faites plutôt en sorte que le lecteur devine à quel point ce paysage est joli ou grandiose rien qu’en lisant votre texte. Décrivez les mille merveilles de ce paysage plutôt que de nous affirmer qu’il est merveilleux.

Attention à ne pas abuser des adverbes, surtout ceux en -ment qui alourdissent inutilement votre texte. Exemple : Léo était vraiment à l’ouest. Ici, « vraiment » est inutile. Si, si. En plus ça vous fait un mot de moins, vous qui dépassez toujours la limite des 600. Youpi ! Autre exemple : Léo marchait silencieusement. Avouez que l’adverbe à rallonge n’est pas très silencieux, lui. Préférez donc Léo marchait en silence. C’est tout de suite plus léger, non ?

Attention aussi à ne pas accumuler les adjectifs. Pourquoi ? Parce qu’on n’en retient pas la moitié. Et que, par expérience, vous répétez souvent des synonymes. Exemple : Paloma était gentille, attentionnée, généreuse, et elle aimait beaucoup les radis rouges et croquants. Les trois adjectifs qualifiant Paloma disent à peu près la même chose, un seul suffirait. Et rappelez-vous que ça ne nous intéresse pas de savoir qu’elle est gentille : on préfère en avoir la preuve ! Laissez les jugements esthétiques et moraux aux lecteurs. La description des radis, elle, est beaucoup plus intéressante parce qu’elle convoque immédiatement une image dans l’esprit des lecteurs. Or les images, les couleurs, c’est ce qu’on retient bien. Les idées abstraites, elles, partent vite en fumée. (On espère quand même que vous retiendrez de cet article autre chose que les radis rouges et croquants 😀 )

À utiliser : les synonymes. Parce que les répétitions se repèrent tout de suite et alourdissent votre texte. Il existe de très bons dictionnaires de synonymes, papier ou en ligne (comme celui-là) voire directement sur votre logiciel de traitement de texte (lorsque vous faites un clic droit sur un mot, des synonymes vous sont proposés). Ces dictionnaires sont tout aussi pratiques quand vous avez un mot sur le bout de la langue mais que vous ne le retrouvez pas 😉 Attention : souvent, il n’y a même pas besoin d’utiliser un synonyme, il suffit de formuler la phrase autrement. Et c’est sans doute la meilleure solution : ça évite les approximations (un orage, une tempête, un ouragan et un cyclone, ce n’est pas tout à fait la même chose).

À utiliser sans modération : le vocabulaire des cinq sens. On dit bien des cinq sens et pas des deux. De manière générale, on trouve beaucoup d’indications visuelles et auditives dans vos textes, mais peu d’indications olfactives, gustatives ou tactiles. Écrivez avec tout votre corps !

Attention aux périphrases maladroites

Par « périphrase maladroite », on entend tous les groupes de mots régulièrement utilisés pour désigner un personnage autrement que par son prénom. Par exemple, Élie va devenir le jeune homme, le garçon roux, le garçon aux yeux verts, celui-qui-a-un-cousin-sur-Mars, « celui qui était assis à côté de Saudável », « son ami », etc. Problème : lorsque vous utilisez toutes ces périphrases, vous alourdissez votre texte. Vraiment. Alors qu’un prénom répété ne se remarque pas, jamais (ou presque). La répétition d’un prénom n’est pas une vraie répétition : « Élie » devient, en quelque sorte, un mot aussi courant que « et » ou « mais », qu’il est naturel d’utiliser tout le temps. Donc ne vous en faites pas, cessez de vous compliquer la vie et proscrivez tous vos « le jeune homme », « la jeune femme » etc. Vous gagnerez en clarté, en fluidité, en légèreté… et en nombre de mots 😉

Le rythme

C’est quelque chose de très important dans un texte, et souvent, il se fait instinctivement. C’est là que se rejoignent le fond et la forme. Le rythme d’un texte s’accélère quand il y a de l’action et des dialogues, il ralentit avec les descriptions et l’introspection (= le fait d’entrer dans les pensées d’un personnage). Concrètement, les phrases raccourcissent (pensez aux phrases nominales !) quand le rythme s’accélère et se rallongent quand il ralentit. À retenir de tout ça : pas la peine de mettre des points d’exclamation partout pour faire ressentir la peur à vos lecteurs et instaurer du suspense. Il suffit de raccourcir vos phrases 😉

La mise en forme des dialogues

Souvent, quand on débute dans l’écriture, on met des dialogues partout et quasiment pas de descriptions. Pourtant, ces dernières ne sont pas plus compliquées ni moins sympathiques à écrire que les dialogues ! Et d’ailleurs, avec le temps, vous découvrirez… que les dialogues ne sont peut-être pas si simples que ça à bien mettre en scène. Souvent, on a du mal à retrouver le naturel de l’oralité, et les conversations entre les personnages sonnent faux. Comment éviter ça ? Lisez vos textes à haute voix, essayez d’imaginer ces dialogues dans la bouche de personnes que vous connaissez. Vous vous en rendrez compte tout de suite si ce n’est pas vraisemblable.

Attention aussi à la mise en forme des dialogues ! On utilise des tirets et retours à la ligne pour passer d’un personnage à l’autre, on ne met pas de majuscule au verbe de parole qui suit une interrogative ou une exclamative… C’est un ensemble de conventions à maîtriser pour ne pas perdre votre lecteur (et pour la plupart vous n’avez pas de problème avec ça 🙂 ). Un exemple quand même :

Paloma voulait manger des radis, mais elle n’en trouvait sur aucun marché. Léo finit par lui expliquer :

Les radis ne poussent pas en cette saison.

Paloma fit la grimace.

Mais j’ai faim et je veux des radis ! protesta-t-elle.

Mange des carottes, c’est tout aussi croquant et la couleur n’est pas si éloignée.

Petite précision : c’est possible d’utiliser des guillemets pour signaler le début et la fin du dialogue, mais ça se fait de moins en moins et c’est s’embêter pour pas grand-chose ^^

Comment améliorer le naturel des dialogues ?

D’abord, rassurez-vous s’il vous semble que tout le monde s’en sort très bien sauf vous : c’est LE truc qui pose le plus de problèmes aux écrivain-es. Voilà quelques petites choses qu’on peut travailler au moment de l’écriture, ou en amont :

1) plutôt que de réfléchir aux informations à transmettre et que de se demander « mais comment vais-je bien pouvoir dire/écrire ça ? », essayez de vous imaginer à la place des personnages, dans leur situation, et de parler à leur place : fermez les yeux, visualisez la scène. Que diriez-vous si vous étiez Léo à cet instant précis et que Paloma venait d’affirmer qu’elle ne tolérait que les carottes cuites ?
C’est un conseil qui peut paraître idiot, mais en ce qui me concerne (c’est Aqua qui parle), je sais que ce qui me bloque pour écrire des dialogues, c’est que je prends beaucoup trop de recul par rapport à mon texte, que je me préoccupe davantage de l’organisation des répliques, de la cohérence, etc, que de l’émotion et de l’imaginaire. J’ai tendance à sortir de la « bulle » dans laquelle j’écris la plupart du temps, et c’est ça qui peut faire perdre en naturel : quitter l’écriture fluide pour une écriture trop réfléchie, alors que la réflexion et les ajustements éventuels (si un personnage présente un vocabulaire et une façon de parler qui lui sont propres, par exemple) pourront venir dans un second temps, lors de la relecture.

2) entraînez-vous en écrivant des conversations réelles : essayez de retenir des bouts de conversations avec votre famille, vos ami-es… ou que vous avez entendues dans la rue, dans le train, n’importe où, et tentez de les retranscrire avec un maximum de fidélité. Simplement pour comprendre les mécanismes d’une discussion, noter la diversité des façons de s’exprimer (les tics de langage, le vocabulaire spécifique à une génération ou un groupe social…), repérer si possible les « marques » de l’oralité et la grammaire de l’oral (parce que la langue écrite et la langue orale sont très différentes, tant du point de vue du vocabulaire que de celui de l’agencement des mots, sans compter toute la gestuelle et les expressions du visage qui sont très importantes).
Quant à décider s’il vaut mieux être au plus proche de la langue orale réelle ou au contraire l’esthétiser… Certain-es auteur-es aiment reprendre toutes les élisions (par exemple, la négation « ne » passe très souvent à la trappe), les familiarités, et d’autres, à l’inverse, préfèrent se rapprocher de la langue écrite. Dans les deux cas, à l’extrême, on risque de tomber dans la caricature ou bien de perdre tout naturel : il y a un équilibre à trouver, qui dépend de vos intentions.

3) déterminez ce qui est utile à votre dialogue. En général, on trouve peu de formalités dans les romans : tout ce qui est bonjour / comment ça va / il fait beau aujourd’hui / au revoir, les lecteurs et lectrices s’en fichent pas mal, ce sont des mots qu’on entend déjà tous les jours, qu’on suppose avoir été dits même s’ils n’ont pas été écrits noir sur blanc… Par contre, ça peut devenir intéressant si vous organisez une rencontre entre deux personnages qui s’expriment très différemment, ou bien si votre personnage a énormément de mal à prononcer le mot bonjour 😉

4) prêtez attention aux dialogues que vous croisez dans les livres que vous aimez, pour voir comment ils sont construits, si l’ensemble des paroles sont retranscrites ou s’il y a des ellipses : en fonction de leur longueur et de leur nature, ils vont être introduits, écrits, narrativisés de façons très différentes. Par ailleurs, il y a des auteur-es qui s’amusent, par exemple, à écrire des dialogues sans tirets, sans aller à la ligne, ou bien sans ponctuation, d’autres qui mettent des descriptions entre parenthèses au milieu de leurs tirades et d’autres encore qui ne vont pas donner une seule indication sur les mimiques des personnages… Certain-es usent et abusent des verbes de paroles alors qu’on n’en a pas besoin si le contexte et la ponctuation donnent déjà les infos nécessaires. Bref, essayez de repérer les façons d’écrire un dialogue qui vous intéressent, qui vous plaisent, pour trouver quelque chose qui vous ressemble et que vous pourrez reproduire sans trop de mal. Il ne faut pas hésiter à copier les façons de faire des écrivain-es plus expérimenté-es : vous aurez le temps plus tard de vous approprier ce que vous avez appris et d’inventer votre propre style 🙂 (Ce que est dit ici sur la diversité des présentations d’un dialogue est surtout vrai pour la littérature adulte ; en jeunesse c’est souvent moins élaboré/personnalisé, simplement pour des questions de compréhension, d’accessibilité à un jeune public.)

5) jetez un œil à des textes de théâtre contemporains ou du moins assez récents, il y a sûrement de quoi s’inspirer 😉

Le choix du titre

À éviter :

  • les titres passe-partout qui pourraient qualifier n’importe quel autre texte que le vôtre (par exemple, à l’épisode 1, on a eu deux La rentrée de Myolis : c’est un titre trop vague, trop général)
  • les titres avec le prénom d’un personnage qu’on connaît déjà (pendant l’arc 1, il y a eu un nombre incalculable de Belen ou de Damon)
  • les titres d’un seul mot exprimant une émotion, un sentiment (du type Remords ou Peur) ou les adjectifs comme Seuls (oui oui il y en a eu beaucoup des comme ça).
  • les associations très courantes comme Silence assourdissant
  • les classiques Conspiration, Réflexions et autres mots en -ion
  • les Oublis, les Souvenirs, les Rêves et les Cauchemars, bref : fuyez les titres d’un seul mot comme la peste, sauf si le mot en question est polysémique.

Oubliez l’idée que le mot Mystère suffira à intriguer les lecteurs et cherchez quelque chose de plus subtil, d’étonnant, de surprenant en associant des mots qui a priori n’ont rien en commun (oui bon à condition qu’il y ait une logique derrière, bien sûr 😀 ).

Quelques pistes pour un bon titre ? Un bout de phrase qui revient souvent dans votre texte (ou même quelques mots que vous utilisez une fois et qui vous semblent significatifs) peut faire l’affaire. Ou bien une expression ou phrase qui change de sens pendant la lecture. Ou un dicton que vous avez revisité. Les jeux de mots et les titres poétiques sont particulièrement appréciés ! Le tout est de trouver le bon équilibre entre un titre trop vague et un titre trop précis (si un détail insignifiant devient l’objet de votre titre, on pourra le trouver inapproprié et trop facile).

Mettez-vous à la place des lecteurs et demandez-vous si le titre vous donnerait envie ou non de lire ce texte. Inspirez-vous des titres qui vous plaisent, pas pour les copier mais pour comprendre pourquoi ils vous plaisent, comprendre ce qui a accroché votre œil.

Attention aux clichés et autres déjà-vus

Une petite liste sera sans doute plus parlante (aidez-nous à la compléter !) :

  • « bouhouhou tu m’as tant manqué » et autres guimauves
  • « Soudain, il entendit un bruit juste derrière lui » (il y a d’autres façons de formuler la même idée, si si)
  • le jeu des couleurs avec Myolis : c’était chouette la première fois, mais maintenant ça sent le réchauffé.
  • les courses avec des larmes au coin des yeux (ou qui dévalent les joues) et les cheveux au vent
  • les personnages « types » (comme la jeune fille magnifique aux yeux bleus et aux cheveux blonds volant dans le vent, à la peau fraîche couleur pêche, qui arrive comme une apparition ou est surprise en train de se baigner dans la rivière)

Et une fois que tout ce qui est détaillé ci-dessus a été vérifié et appliqué, on fait comment pour continuer à progresser ?

1) On commente les textes des autres. C’est sans doute la meilleure façon de progresser : on repère ce qui ne va pas et comment cela pourrait être amélioré. Chercher à expliquer le sentiment qui nous a saisi-e devant une formulation étrange, devant un truc qui nous gêne est très important : d’une part votre commentaire sera mieux reçu s’il est justifié, vous aiderez vraiment l’auteur-e, et d’autre part les mots que vous mettrez sur le problème vous permettront d’en tirer une règle générale à appliquer sur vos propres textes. Tout cela nous oblige en effet à porter un nouveau regard sur nos propres textes – car les défauts des autres sont parfois les nôtres. Or il est mille fois plus simple de repérer ce qui ne va pas dans le texte de quelqu’un d’autre que dans le sien !

2) On respecte au maximum la limite des 600 mots (voire on s’en impose une plus petite, si notre premier jet en compte moins). Au-delà des 500, essayez systématiquement de retrancher votre texte d’une centaine de mots. Traquez le superflu. Les limites sont une excellente façon de progresser, parce qu’elles nous forcent à examiner chaque phrase, à reformuler, à se débarrasser de tous les adverbes patauds inutiles. Lorsqu’on cesse le sentimentalisme et qu’on ose couper des phrases entières, on devient efficace, et on s’améliore vraiment. (Si vous avez trop peur « d’abîmer » votre texte, gardez votre première version dans un coin. Et n’hésitez pas à conserver plusieurs versions de votre texte, pour comparer ensuite avec la version finale, et vous rendre compte de l’amélioration !)

Un dernier petit conseil pour la route ? N’envoyez pas votre texte dans la minute où vous y mettez le point final. La clef d’un texte réussi, c’est la relecture. Laissez reposer votre premier jet (oui, comme une pâte à crêpe), puis relisez-le, corrigez-le, laissez de nouveau reposer, etc. Faites-vous relire si possible. Laissez encore reposer. Lisez votre texte à voix haute. Et quand vous ne trouvez plus rien à modifier, plus rien DU TOUT, alors envoyez-le 🙂

[à venir : faire la description physique d’un personnage et écrire un bon thriller]

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8 réflexions au sujet de « Recette (à base de radis) pour écrire un bon texte »

  1. Je ne connaissais pas synonymo.fr, je l’essayerai à l’occasion !

    Et sinon, chacun a sa propre méthode pour écrire 🙂 En faisant des plans, des préparations ou non.
    C’est utile quand on se lance dans un grand projet, un long roman par exemple, pour ne pas se perdre en route ! Le plan-type élément déclencheur / péripéties / climax / résolution s’applique à la plupart des romans, donc c’est pratique pour vérifier que ton histoire tient debout, et qu’elle est dynamique. Mais dès que tu veux sortir un peu des sentiers battus et te lancer dans une littérature expérimentale… (Remarque, dans ce cas-là, tu sors très vite de la case « roman »)

    De mon côté, je n’ai jamais rien préparé non plus dès qu’on sort du roman, je préfère découvrir où je vais en y allant 🙂 Et c’est le plus simple aussi quand on manque d’inspiration mais qu’on a envie d’écrire, haha.
    Par contre, je me lance rarement dans une nouvelle sans avoir au moins une vague idée de là où je vais, sinon je sais que j’aurai du mal à aller au bout.
    Le tout c’est d’avoir une méthode qui te convienne, et qui marche ! 🙂

    (Je te réponds à moitié en tant que Aqua et à moitié en tant que membre du Jury comme c’est moi qui ai écrit cet article)

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    • Je crois que je n’ai jamais été en vrai manque d’inspiration… En général j’ai plutôt trop d’idées à partir du moment où j’ai écrit une phrase… Ah si, peut-être une fois sur un devoir pour le collège, mais si le sujet me plaît, ça n’arrive pas…
      Qu’est-ce que le « climax » ?

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      • Jusqu’au milieu du lycée, je ne manquais jamais d’idées. Mais depuis quelques années, va savoir pourquoi, ça a plus de mal à venir ^^
        Ce qu’on appelle le « climax » désigne le summum de l’action, et, dans le cadre d’un roman, le moment où tout se joue, la dernière péripétie avant la résolution, quoi 🙂 C’est un terme davantage utilisé en anglais, il me semble !

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  2. Oups, je crois que pour le dernier épisode, mon titre est trop vague et très utilisé… Je serai plus originale la prochaine fois ^^
    En ce qui me concerne, j’écris beaucoup comme ça me vient sur l’instant… Je ne me fixe que très rarement un plan à suivre avec un événement déclencheur, des péripéties bien définies et une fin choisie à l’avance… Je devrai ?

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    • Aïe aïe aïe ! C’est terrible à quel point je me reconnais dans certains de ces défauts (notamment pour l’épisode à venir). ^^’ En même temps, que serait un auteur débutant sans marge d’amélioration ?

      Merci beaucoup pour ces conseils qui seront très pratiques ! 🙂

      Personnellement, je préfère écrire à partir d’une ligne directrice avec une fin définie. Cela permet de garder le tableau global bien en vue, même s’il m’est courant de le modifier en cour d’écriture. Néanmoins ça m’étonnerait qu’il n’y ait qu’une seule manière d’écrire, et le faire au fil de la plume doit avoir des avantages en matière de spontanéité et de naturel.

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